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Questions et réponses sur l'hébergement web

Boîtes mail, webmail, SMTP et DNS : faire arriver ses messages

Messagerie et e-mails reposent sur le courrier électronique : un nouveau message part d'une adresse mail vers la boîte de réception du destinataire, lue dans Gmail, Microsoft Outlook ou une appli sur ordinateur et smartphone. Sur un nom de domaine, envoyer un mail exige aussi une information de sécurité publiée dans le DNS.

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Pour une adresse mail à son nom, trois réglages comptent : l'enregistrement MX désigne le serveur qui reçoit ; le compte de messagerie se connecte depuis chaque appareil pour lire et envoyer ; SPF, DKIM et DMARC prouvent l'origine du message. Gmail, Yahoo Mail et Outlook.com refusent le courrier sans ces preuves : leurs conditions d'utilisation font de la sécurité une règle de réception.

Côté confidentialité, une messagerie privée ou professionnelle protège les données personnelles par la connexion chiffrée, la double authentification et un mode confidentiel ; signaler un message inapproprié dans le produit Google ou Microsoft, avec une note sur l'expéditeur, aide aussi le filtre.

Comment fonctionne le courrier électronique, de l'envoi à la boîte de réception ?

Le courrier électronique circule entre trois types de logiciels. Le client de messagerie (Outlook, Apple Mail, Thunderbird, l'application Gmail sur smartphone, ou une messagerie web ouverte dans le navigateur) sert à rédiger et à lire. Le serveur d'envoi, appelé MTA pour mail transfer agent, reçoit le message du client puis le transmet au serveur du destinataire en suivant le protocole SMTP, décrit par la RFC 5321 de l'IETF. Le serveur de réception range enfin le mail dans la bonne boîte, où le destinataire le lit en IMAP ou en POP.

Pour savoir où livrer, le serveur d'envoi interroge le DNS du destinataire et lit son enregistrement MX. Un domaine sans MX, ou avec un MX qui pointe vers un serveur éteint, ne reçoit aucun mail : l'expéditeur obtient un message d'erreur, parfois plusieurs heures plus tard, car les serveurs réessaient avant d'abandonner. La transmission des courriels entre serveurs passe par le port 25 ; le poste d'un utilisateur, lui, doit passer par le port 465 ou 587 de son fournisseur, avec identifiant et mot de passe.

Ce système de messagerie date des débuts d'Internet. Ray Tomlinson envoie en 1971 le premier courrier électronique entre deux ordinateurs du réseau ARPANET et choisit le caractère @ pour séparer l'utilisateur de la machine. Le format d'un message électronique (en-têtes, objet, corps du message) obéit aujourd'hui à la RFC 5322. Cette ancienneté explique une faiblesse connue : rien, dans le protocole d'origine, n'empêche d'écrire n'importe quelle adresse dans le champ « De ». SPF, DKIM et DMARC sont venus combler ce manque, bien plus tard.

Partie locale, arobase, domaine : ce que dit une adresse mail

Une adresse électronique se lit de droite à gauche. La partie après l'arobase désigne l'organisation qui gère le courrier (gmail.com, outlook.fr ou votre propre nom de domaine). La partie locale, avant l'arobase, désigne la boîte ou l'alias chez ce fournisseur : contact, prenom.nom, facturation. Cette partie droite décide donc de tout le reste : quel serveur de messagerie reçoit, quelles règles de sécurité s'appliquent, et qui peut fermer l'adresse.

Une adresse en @gmail.com appartient à Google, qui l'attribue selon ses conditions d'utilisation : le jour où le compte est suspendu ou abandonné, l'adresse disparaît avec lui. Une adresse sur son propre nom reste à son titulaire tant que le domaine est renouvelé, même en changeant de fournisseur de mail : il suffit de modifier les enregistrements MX. Pour un usage personnel, une adresse gratuite suffit souvent ; pour une activité, l'adresse personnalisée porte la marque, inspire davantage confiance dans la boîte de réception d'un client et survit aux changements d'outil.

Un domaine accentué ou une partie locale avec des caractères spéciaux reste possible en théorie, mais un grand nombre de logiciels les gèrent mal ; le choix d'un nom de domaine avec accent pèse aussi sur les adresses mail qui en dépendent.

Boîte, alias ou redirection : que créer pour une adresse ?

Une boîte mail stocke les messages sur le serveur, dans un espace de stockage limité par l'offre, et se consulte par webmail ou par un client de messagerie. Un alias ou une redirection ne stocke rien : le message repart aussitôt vers une autre adresse, avec deux effets connus. Le serveur de destination peut le juger suspect, puisqu'il arrive d'une machine qui n'est pas celle de l'expéditeur d'origine, et une redirection vers une boîte pleine ou supprimée produit des retours en erreur en série. Pour arrêter une redirection, il faut la supprimer dans le panneau de l'hébergement, pas seulement dans le logiciel de messagerie.

  • Boîte : une personne qui lit et répond depuis l'adresse, avec ses dossiers et son historique.
  • Alias : un deuxième nom pour une boîte existante (contact@ qui arrive dans la boîte de la gérante).
  • Redirection : un renvoi vers une adresse extérieure, à éviter vers Gmail ou Outlook.com quand le volume monte, car ces services jugent la réputation du serveur qui redirige.
  • Groupe ou liste de diffusion : un groupe d'adresses (Google Groupes, groupe Microsoft 365) qui distribue chaque message à plusieurs boîtes, outil de communication d'une équipe ou d'un service ; le groupe garde également l'historique des échanges.

Pour lire les mails de son domaine dans une interface déjà connue, le plus simple consiste à ajouter le compte en IMAP dans l'application Gmail ou dans Outlook ; les différentes manières de recevoir ses boîtes mails dans Gmail ou Yahoo n'offrent pas toutes la même fiabilité.

Quels services de messagerie choisir pour son domaine ?

Le choix d'un service de messagerie se fait d'abord sur une question : faut-il des adresses à son propre nom ? Les services gratuits grand public (Gmail, Outlook.com, Yahoo Mail, la version gratuite de Proton Mail) fournissent une adresse en @gmail.com, @outlook.fr ou @yahoo.fr. Les offres professionnelles (Google Workspace, Microsoft 365, Proton Mail payant, Infomaniak Mail) et la messagerie incluse dans la plupart des hébergements web acceptent votre nom. Le comparatif des meilleures boîtes mail tient donc moins au classement qu'au besoin.

ServiceAdresse sur son domainePoint fortBudget relatif
Gmail (compte Google)nonfiltre anti-spam, recherche, 15 Go de stockage gratuit partagés avec Drive et Photosgratuit
Outlook.comnonintégration au calendrier et aux outils Microsoftgratuit
Yahoo Mailnonmessagerie web simple, application iOS et Androidgratuit
Proton Mailoui en offre payantechiffrement de bout en bout entre utilisateurs, société suissegratuit à intermédiaire
Google WorkspaceouiGmail à votre nom, avec Agenda et Driveintermédiaire, par utilisateur
Microsoft 365ouiExchange, Outlook et suite Officeintermédiaire, par utilisateur
Infomaniak Mailouihébergement en Suisse, interface en françaismodéré
Messagerie de l'hébergeurouiincluse avec le site, réglages au même endroit que le DNSsouvent compris dans l'offre

La messagerie de l'hébergeur convient à une petite structure qui veut quelques boîtes sans abonnement supplémentaire ; ses limites apparaissent sur l'espace de stockage, le filtrage du spam et le calendrier partagé. Google Workspace et Microsoft 365 visent les équipes qui travaillent déjà avec leurs outils : la bascule se fait en changeant les MX, sans changer d'adresse. Un service à chiffrement natif comme Proton Mail répond à un besoin de confidentialité, au prix d'une compatibilité plus réduite avec les clients de messagerie classiques.

Apple Mail, Thunderbird et Microsoft Outlook sont des clients, pas des fournisseurs : ils lisent n'importe quelle boîte électronique en IMAP. Gmail et Outlook existent sous les deux formes, service d'adresse et application, ce qui entretient la confusion.

Les offres grand public ont aussi leur forfait premium : Google One augmente l'espace de Gmail, Microsoft 365 Personnel retire la publicité d'Outlook.com, Yahoo Mail Plus fait de même. Ces forfaits n'apportent pas d'adresse professionnelle sur votre nom. Pour une entreprise, le critère décisif reste l'assistance : un forfait professionnel donne accès à une aide humaine en cas de compte bloqué, quand le service gratuit renvoie vers un centre d'aide en ligne. Une entreprise qui dépend de sa messagerie électronique pour vendre gagne à vérifier le délai d'assistance avant de choisir son forfait.

Les réglages IMAP et SMTP d'un client de messagerie

Un client de messagerie a besoin de deux serveurs : celui de réception (IMAP ou POP) et celui d'envoi (SMTP). IMAP, décrit par la RFC 9051, synchronise les dossiers entre tous les appareils ; POP télécharge les messages et efface en général la copie du serveur, ce qui ne convient plus dès qu'on lit ses mails sur un ordinateur et un smartphone. Un dossier IMAP qui paraît vide sur un poste alors que le webmail montre les messages relève presque toujours d'un abonnement aux dossiers ou d'un cache local à reconstruire, pas d'une perte.

La RFC 8314 de l'IETF recommande le chiffrement TLS dès l'ouverture de la connexion, le port 587 avec STARTTLS restant admis pour l'envoi. Les valeurs à saisir, presque partout :

  • réception IMAP : port 993, TLS implicite ;
  • réception POP : port 995, TLS implicite ;
  • envoi SMTP authentifié : port 465 en TLS implicite, ou 587 en STARTTLS ;
  • identifiant : l'adresse mail complète, avec le mot de passe de la boîte.

Le port 25 sert aux échanges entre serveurs ; beaucoup de fournisseurs d'accès le ferment en sortie pour leurs abonnés, ce qui explique qu'un logiciel réglé sur ce port n'arrive pas à envoyer. Les paramètres SMTP de Thunderbird suivent ces valeurs, et une erreur TLS sur le port 465 vient le plus souvent d'un mauvais couple port et chiffrement.

Pour configurer Gmail sur votre ordinateur, ouvrez les paramètres, onglet « Comptes et importation », pour ajouter une adresse d'envoi qui passe par votre propre SMTP. Le centre d'aide de Google détaille la marche à suivre ; consultez le centre d'aide de votre fournisseur pour les noms exacts de ses serveurs, qui varient d'une offre à l'autre.

Organiser votre boîte de réception et rédiger dans Gmail

Gmail reste la messagerie électronique la plus répandue, et son interface web suit la même logique sur ordinateur que dans l'appli iOS ou Android. Le bouton « Nouveau message », en haut à gauche, ouvre une fenêtre de rédaction en bas de l'écran, à droite de la navigation entre dossiers : le champ « À » reçoit les adresses, le champ « Objet » le sujet, et le reste de la fenêtre le texte du courrier électronique. Cette fenêtre peut s'agrandir en plein écran ou s'ouvrir dans une fenêtre séparée du navigateur, pratique pour copier du texte depuis un autre onglet.

  • Libellés et filtres : créer un filtre depuis la barre de recherche, en haut de la fenêtre, range automatiquement chaque message d'un type donné (factures, notifications) sous un libellé.
  • Signature : la signature se crée et se modifie dans les paramètres, onglet « Général » ; il est possible de créer plusieurs signatures et de modifier celle qui s'applique à chaque adresse d'envoi.
  • Mode confidentiel : ce mode empêche le transfert et la copie du texte par le destinataire et fixe une date d'expiration, sans chiffrer le message de bout en bout.
  • Réponse automatique : le gestionnaire d'absence se règle au bas de l'onglet « Général », avec une période et un texte à modifier selon le destinataire.

Gemini, l'assistant optimisé par l'IA de Google, s'invite aussi dans Gmail. Dans la fenêtre de rédaction, la fonction d'aide à la rédaction de Gemini propose un brouillon à partir d'une consigne, que l'on peut modifier, raccourcir ou rendre plus formel ; dans un panneau latéral ouvert en haut à droite, Gemini résume un long fil de messages ou retrouve une information dans la boîte. Gemini peut également créer une liste de tâches à partir d'un message ou proposer une réponse courte au bas de la fenêtre de lecture. La rédaction intelligente de Gemini reste une proposition de texte : relire avant d'envoyer, surtout les chiffres et les noms, évite les erreurs. Selon le compte (gratuit, Google One ou Google Workspace), les fonctions Gemini disponibles et leurs conditions d'utilisation diffèrent ; la page d'aide de Gmail tient la liste à jour.

Messagerie au travail : ce que l'employeur a le droit de lire

La messagerie professionnelle fournie par une entreprise appartient à l'employeur, mais le salarié garde un droit au respect de sa vie privée sur le lieu de travail, fondé sur l'article 9 du Code civil. Depuis l'arrêt Nikon de la Cour de cassation (chambre sociale, 2 octobre 2001), l'employeur ne peut pas ouvrir un message identifié comme personnel sans que le salarié soit présent ou appelé. La jurisprudence présume en revanche professionnels les messages envoyés ou reçus depuis l'outil de travail, tant que leur objet ou leur dossier ne les signale pas comme privés.

En pratique, un salarié qui veut protéger sa correspondance privée indique « personnel » dans l'objet ou range les messages dans un dossier ainsi nommé. Côté employeur, la CNIL rappelle que le contrôle de la messagerie au travail doit être proportionné et annoncé aux salariés, par exemple dans une charte informatique, après information des représentants du personnel. Au départ d'un salarié, l'entreprise garde le droit d'accéder à la boîte professionnelle pour la continuité du travail, mais pas aux messages personnels, que le salarié doit pouvoir récupérer. Le règlement général sur la protection des données s'applique aussi : chaque personne dispose d'un droit d'accès aux informations la concernant, y compris dans les e-mails conservés par l'entreprise.

Mail, e-mail, courriel : les doutes qui reviennent sur la messagerie

Qu'est-ce qu'un e-mail, en définition simple ?

Un e-mail est un message numérique envoyé d'une adresse électronique à une autre par un réseau, en quelques secondes, avec texte, pièces jointes et mise en forme. La terminologie officielle française parle de courrier électronique pour le message et de messagerie électronique pour le service qui l'achemine et le stocke.

Quelle est la différence entre mail et e-mail ?

Mail et e-mail désignent la même chose : un message de messagerie électronique. « E-mail » abrège l'anglais electronic mail ; « mail » en est la forme courte, très employée en France. La Commission d'enrichissement de la langue française recommande « courriel », publié au Journal officiel en 2003, et l'abréviation « mél » devant une adresse, comme on écrit « tél. » devant un numéro.

Comment rédiger un e-mail qui sera lu ?

Un courrier électronique lu commence par un objet du mail précis, qui dit le sujet et l'action attendue (« Devis toiture : validation avant vendredi »). Les formules d'appel suivent le degré de relation (« Bonjour Madame Martin », « Bonjour Paul ») ; le corps du message tient en quelques paragraphes courts, la demande en premier. Parmi les erreurs à éviter : un objet vide, une pièce jointe lourde au lieu d'un lien, une mise en forme chargée en couleurs, la copie à tous qui expose les adresses des destinataires.

Une adresse Gmail suffit-elle pour une activité ?

Une adresse Gmail fonctionne pour démarrer, mais elle n'appartient pas à l'activité : elle ne porte pas sa marque et dépend des conditions de Google. Une adresse personnalisée coûte peu à mettre en place avec la messagerie de l'hébergeur et peut se lire dans l'application Gmail en IMAP.

Pourquoi un nouveau message arrive-t-il en spam chez le destinataire ?

Un nouveau message part en indésirables quand le domaine d'envoi n'a pas de SPF ou de DKIM valides, quand le serveur d'envoi a une mauvaise réputation, ou quand le texte ressemble à de la prospection en masse. L'en-tête Authentication-Results du message reçu donne le verdict SPF, DKIM et DMARC ligne par ligne.

SPF, DKIM et DMARC : prouver que les messages viennent du domaine

Trois enregistrements TXT de la zone DNS pèsent lourd dans la délivrabilité. SPF, défini par la RFC 7208, liste les serveurs autorisés à envoyer du courrier pour le domaine. DKIM, défini par la RFC 6376, signe chaque message avec une clé dont la partie publique est publiée sous un sélecteur. DMARC, publié par l'IETF en 2015 sous la RFC 7489 puis révisé, indique au destinataire quoi faire d'un message dont ni SPF ni DKIM ne valident le domaine de l'expéditeur, et permet de demander des rapports.

exemple.fr.                       TXT "v=spf1 mx a include:_spf.fournisseur-mail.example ~all"
selecteur._domainkey.exemple.fr.  TXT "v=DKIM1; k=rsa; p=CLE_PUBLIQUE"
_dmarc.exemple.fr.                TXT "v=DMARC1; p=none; rua=mailto:rapports@exemple.fr"

Un seul enregistrement SPF est admis par nom : deux lignes commençant par v=spf1 rendent la politique invalide, et la syntaxe de l'enregistrement SPF limite aussi le nombre de recherches DNS à dix. Démarrer avec une politique p=none permet de lire les rapports avant de durcir la règle ; le contenu d'un enregistrement DMARC pour son domaine évolue ensuite vers quarantine puis reject.

Ces preuves ne sont plus facultatives. Depuis février 2024, Gmail et Yahoo Mail exigent de tout expéditeur une authentification SPF ou DKIM, et de ceux qui envoient plus de 5 000 messages par jour vers leurs utilisateurs SPF, DKIM, une politique DMARC, un désabonnement en un clic et un taux de plaintes pour spam sous 0,3 %. Microsoft applique des règles comparables aux gros expéditeurs vers Outlook.com depuis mai 2025. Un petit expéditeur n'atteint pas ces volumes, mais les filtres jugent aussi l'expéditeur occasionnel sur ces mêmes informations.

Sécuriser ses e-mails : chiffrement, mots de passe et confidentialité

Sécuriser les e-mails recouvre deux protections distinctes. La protection du transport (TLS) chiffre le message pendant son trajet entre le client et le serveur, puis entre serveurs : il est la norme chez tous les grands services, mais le fournisseur lit le mail en clair sur ses machines. Le chiffrement de bout en bout chiffre le contenu sur l'appareil de l'expéditeur, et seul le destinataire peut le lire : Proton Mail l'applique entre ses utilisateurs, et les normes OpenPGP et S/MIME l'apportent dans des clients comme Thunderbird, qui intègre OpenPGP depuis sa version 78 sortie en 2020.

Pour la sécurité du compte, la double authentification arrête la plupart des prises de contrôle : un mot de passe volé ne suffit plus. Chez un hébergeur, chaque boîte doit avoir son propre mot de passe, distinct de celui du panneau d'hébergement, et une boîte abandonnée (ancien salarié, ancien service) se supprime plutôt que de rester ouverte. Les messages d'hameçonnage imitent souvent une alerte de boîte pleine ou de mot de passe expiré : le lien pointe alors vers un domaine qui n'est pas celui du fournisseur.

Côté confidentialité, la messagerie privée gratuite a un modèle économique : Google affirme ne plus analyser le contenu de Gmail pour la publicité depuis 2017, mais les données d'utilisation restent soumises à sa politique. Un service payant, hébergé en Europe, donne plus de prise sur l'endroit où dorment les messages.

Avantages de la messagerie électronique pour une petite activité

La messagerie électronique garde trois avantages sur les messageries instantanées pour une activité. Le premier tient à la trace : chaque courrier électronique envoyé reste daté, archivé et consultable, ce qui en fait une preuve d'échange en cas de litige. Le deuxième tient à l'universalité : toute personne qui a une adresse peut recevoir un message, sans installer la même application. Le troisième tient à l'efficacité d'une communication écrite, que le destinataire lit quand il le veut et transfère à la bonne personne.

Pour la fidélisation des clients, une adresse à son nom, une signature avec logo et coordonnées, et des réponses envoyées dans la journée valent mieux qu'une campagne. Une signature avec un logo trop lourd ou une image seule s'affiche mal sur un appareil mobile et peut voir le message classé en indésirables : mieux vaut un logo léger et le texte de la signature en clair. Pour discuter du projet d'un client, l'e-mail permet aussi de partager un document, de répondre point par point et d'utiliser la copie à un collègue sans perdre le fil.

Une messagerie sécurisée reste la condition de ces avantages : un compte piraté envoie des messages frauduleux au nom de l'activité à tous ses contacts. Signaler à son fournisseur un message suspect, activer la double authentification et vérifier régulièrement les appareils connectés au compte suffisent à écarter la plupart des incidents.

Les e-mails envoyés par un site web ou un formulaire

Un site envoie lui aussi des e-mails : confirmation de commande, mot de passe oublié, message de contact. Envoyés avec la fonction mail() de PHP, sans compte SMTP authentifié, ils partent du serveur web, qui ne figure souvent pas dans le SPF du domaine : Gmail les rejette ou les classe en indésirables. Le cas d'un formulaire PHP bloqué par Gmail se règle en passant par le SMTP d'une vraie boîte, ou par un service d'envoi transactionnel inclus dans le SPF et signé en DKIM.

Pour l'outil marketing (lettre d'information, relances, communication vers un groupe de clients), mieux vaut séparer les flux : un sous-domaine pour les campagnes protège la réputation du domaine principal, qui sert au courrier des personnes. Les filtres anti-spam de l'hébergement, appliqués avant la distribution dans les boîtes, se règlent dans le panneau de l'hébergement ; un message légitime bloqué se diagnostique grâce à l'en-tête Authentication-Results.

Sources : RFC 5321 (SMTP), RFC 5322 (format des messages), RFC 9051 (IMAP), RFC 8314 (TLS pour l'envoi et l'accès au courrier), RFC 7208 (SPF), RFC 6376 (DKIM) et RFC 7489 (DMARC), publiées par l'IETF ; exigences de Google et Yahoo pour les expéditeurs (2024) ; consultés le 14 octobre 2026.

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